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Les sculptures et les images de Sirine Ammar sont un jeu d’équilibre entre masse et légèreté, obstruction et disparition. En quête de réduction, l’artiste travaille des matériaux lourds –  pierre, béton, matières synthétiques – à la recherche de formes compressées, aplaties. (...) L’image, traitée comme la matière, vient s’imprimer sur des tissus et des filets qu’elle traverse, métaphores d’espaces. Comme un souvenir qui s’efface, elle se dérobe à la lecture à travers une succession de vides intercalés.


 

Car c’est en négatif que Sirine Ammar voudrait creuser le volume, dans le territoire fantomatique du trou et du vide. Le poids des matériaux qu’elle sollicite exerce une pression et font ployer la forme, tandis que ses photographies témoignent d’architectures en déconstruction. Ce n’est cependant pas l’esthétique du chantier que convoite ici l’artiste, mais plutôt son énergie, le processus qu’elle engage, les forces invisibles à l’œuvre. Alors que le béton impose sa taille, le geste de Sirine Ammar injecte paradoxalement une souplesse qui vient ramollir les formes, étirer l’espace.

Elisa Rigoulet

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